Adblockers dans le viseur en Allemagne ? Le BGH relance le bras de fer

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Adblockers dans le viseur en Allemagne ? Le BGH relance le bras de fer
Illustration Techtok – adblockers & liberté de naviguer

Vous aimez un web qui ne vous hurle pas à la figure « ABONNEZ-VOUS ! » toutes les trois secondes ? Alors accrochez-vous : Mozilla vient d’alerter que l’Allemagne pourrait devenir le deuxième pays au monde après la Chine à bannir les bloqueurs de publicité. Rien n’est voté, mais le signal est clair : un arrêt du 31 juillet 2025 de la Cour fédérale de justice (BGH) remet en selle l’argument selon lequel un adblocker pourrait violer le droit d’auteur en « modifiant » le code d’un site. Oui, vous avez bien lu.

Concrètement, le BGH ne tranche pas l’interdiction – il renvoie le dossier à la Cour d’appel de Hambourg pour creuser des questions techniques et juridiques, en particulier l’application du §69c UrhG (droit d’auteur sur les programmes). Mais ce renvoi suffit déjà à faire frissonner tout l’écosystème : si la prochaine décision validait l’idée qu’un adblocker « reprogramme » l’œuvre, l’usage pourrait devenir illégal chez nos voisins. Et là, bonjour l’effet domino.

Petit rappel utile : les adblockers ont déjà été jugés licites en Allemagne sur le terrain du droit de la concurrence (notamment en 2018), ce qui n’a pas empêché Axel Springer de multiplier les offensives judiciaires. Cette fois, la bataille se joue sur un autre terrain – le droit d’auteur – et ce glissement stratégique change la donne.

Pourquoi vous devriez vous en soucier, même depuis la France ? Parce qu’un précédent allemand influencerait navigateurs, extensions, accessibilité, sécurité et tout ce qui vous permet de reprendre le contrôle de votre navigateur. Mozilla le dit cash : toucher aux adblockers, c’est toucher à la liberté de configurer le web (privacy, confort, protections anti-malware, etc.). Et le calendrier pourrait être long : des années de procédure avant d’y voir clair – donc des années d’incertitude où certains acteurs pousseront pour restreindre vos outils.

Côté presse tech française, le sujet a déjà été relayé : 01net résume la situation et rappelle l’historique de la guerre de tranchées entre Axel Springer et Eyeo (Adblock Plus). Vous n’êtes pas fous : ce débat revient par cycles, mais cette fois la porte juridique qu’on tente d’ouvrir est plus dangereuse.

Mon avis est que si on commence à assimiler votre configuration client (filtre, feuille de style, extension) à une « atteinte à l’œuvre », c’est la pente savonneuse vers un web imposé, où vous n’auriez plus le droit de dire “non” aux pistages et aux formats publicitaires toxiques. Vous payez vos machines, votre connexion, votre électricité : vous avez le droit de choisir ce que votre navigateur affiche. Point barre.

En attendant la suite, gardez vos bonnes pratiques : uBlock/AdGuard ou uBlock Lite ou équivalent, listes à jour, mode lecteur, bloqueurs côté DNS (Pi-hole/NextDNS), et surtout préférez les médias qui respectent vos choix au lieu de vous punir.

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